8 Commentaires
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Avatar de The edge of consciousness

Très intéressant!!!

Le DMN m’intéresse particulièrement car il se situe à l’intersection de plusieurs thèmes qui me semblent centraux : la conscience, la douleur et la flexibilité cognitive.

La douleur chronique n’est probablement pas seulement un problème de nociception. C’est aussi une modification des dynamiques de réseau, avec un cerveau qui devient progressivement moins flexible, plus attracté par certains états internes, certaines prédictions et certains récits de soi.

À mesure que le DMN se rigidifie, le champ des possibles se rétrécit. Les pensées, les émotions et parfois même les perceptions semblent emprunter les mêmes chemins encore et encore.

Comprendre l’architecture du DMN, c’est peut-être aussi mieux comprendre pourquoi certains patients restent prisonniers de la douleur alors même que les tissus ont cicatrisé.

Une question fascinante demeure : la souffrance chronique est-elle, au moins en partie, une perte de flexibilité des réseaux cérébraux ?

Avatar de Laurent ZAHRA

C’est précisément ce qui m’intéresse dans le DMN.

À mesure que je travaille sur la douleur, les états modifiés de conscience et la conscience elle-même, j’ai de plus en plus l’impression que la question centrale n’est peut-être pas l’intensité d’un signal mais la flexibilité d’un système.

Dans la douleur chronique complexe, les tissus peuvent cicatriser alors que certaines dynamiques cérébrales persistent. Le cerveau semble progressivement apprendre la douleur, puis apprendre à anticiper la douleur, puis parfois apprendre à se définir à travers elle.

C’est probablement pour cela que j’ai développé une modélisation en cinq strates du vécu douloureux. La nociception n’en constitue finalement qu’une partie et à mesure que l’on monte dans les niveaux d’intégration, on voit apparaître l’émotion, la mémoire, l’identité et les récits de soi.

Je vais te partager cette étude transdisciplinaire de la douleur et de la souffrance en MP.

Je me demande parfois si la souffrance chronique n’est pas, au moins partiellement, une pathologie de la flexibilité neurofonctionnelle, et si c’est bien le cas, cela pourrait avoir des implications bien au-delà de la douleur elle-même.

Avatar de The edge of consciousness

Passionnant. Je partage ta réflexion!!!

Avatar de Raquel Devillé

Merci Laurent, encore un texte d'une profondeur rare.

Ton analyse du DMN comme "filtre ontologique" résonne profondément avec l'hypervigilance chez les personnes neuroatypiques que j'accompagne (HP, autistes, TDAH).

Beaucoup ont un DMN en suractivité permanente : narration constante, anticipation, rumination. Le "soi" n'est jamais au repos. Cette surconnectivité ressemble à ce que tu décris dans la douleur chronique : un réseau qui ne lâche jamais prise.

Si la méditation affaiblit le DMN, le travail somatique pourrait faire quelque chose de similaire. Non par l'attention focalisée, mais par le retour aux sensations brutes, avant qu'elles soient capturées par le narratif.

Désengager le DMN, c'est aussi désengager l'hypervigilance.

Avatar de Anthony

Cette idée du DMN comme filtre ontologique, plus que comme “fabricant de réalité”, ça donne presque envie de voir chaque pratique (méditation, psychédéliques, hypnose) comme un réglage fin de ce filtre plutôt qu’un changement de contenu. Non?

Avatar de Laurent ZAHRA

C’est exactement ainsi que je le comprends.

Le DMN ne “fabrique” pas le réel mais organise la manière dont nous y avons accès.

Dans ce cadre, les pratiques comme la méditation, les psychédéliques ou l’hypnose ne modifient pas tant le contenu de l’expérience que la configuration du filtre lui-même.

Ce ne sont pas des “visions nouvelles”, mais des réglages différents du même système d’intégration, chaque état révélant une autre manière de configurer le soi dans le monde.